Petit mammifère d’Afrique et d’Asie, proche de la belette, utilisé pour la destruction des reptiles et des rats. La mangouste est très mignonne mais elle fait très mal. Grâce à sa jolie fourrure, la mangouste attendrit les braves touristes qui s’approchent et tendent une main innocente pour caresser l’animal. La mangouste leur dévore généralement une bonne moitié du bras. Vous aimez la mangouste, mais elle, elle ne vous aime pas. Une fois calmée, La Mangouste est également productrice d’artistes, d’évènements, de films et d’émissions de radio. La Mangouste La Mangouste feat. la GAG présente la soirée CASSE TON SINGE ! vendredi 17 juin à partir de 19h00 au GLAZART, 7/15 av. de la Porte de la Villette. Pour voir l’event Facebook.
En fait, la GAG est un squat qui a ouvert il y a deux ans dans le 19ème , et ça correspond à peu près au moment où l’équipe de la Mangouste est arrivée sur Paris. Donc on connaissait un peu le lieu, on avait fait quelques soirées et afters là-bas, mais on a vraiment rencontré les Gorilles qu’au début de cette année. La Mangouste et la GAG c’est une histoire toute récente : on a fait notre deuxième soirée Starting Block chez eux en mars dernier, et c’était vraiment une très très bonne soirée, donc on a voulu continuer à faire des choses avec eux, parce que l’endroit est unique à Paris et l’ambiance vraiment excellente. On leur a proposé une soirée qui se serait étalée de 18h à Midi pour juin, sachant qu’on avait prévu de faire la grosse partie (23h-07h) dans un autre endroit. La GAG nous permettait d’avoir plein d’idées pour organiser la before et l’after à notre sauce : et ça, tu ne peux pas le faire dans des endroits normaux. Le pitch de notre soirée, c’est « Casse ton Singe ! » : en gros, le singe, c’est le truc qu’il y a à l’intérieur de toi et qui supporte tout ce que tu fais le week-end. Commencer sa soirée à 18h et la terminer à midi, c’est typiquement Casser son singe : même si tu bois pas, si tu te drogues pas, passer ta nuit et ta matinée à danser et à te marrer, à faire la fête, ça t’épuise et ça te casse le singe. Et c’est ça que revendique la Mangouste. Donc pour matérialiser ce concept, on a pensé à fabriquer un singe d’1m50 qu’on aurait cassé sur les coups de midi, construire des éléments de décor avec des arbres, faire des déguisements pour les refiler au public… Pour tout ça on avait besoin d’un vrai lieu alternatif, avec des gens motivés pour participer à la création de la soirée. Et la GAG était le lieu idéal pour ça.
Le batiment de la GAG appartient à la SNCF, donc ils ont délogé les Gorilles il y a peu, et ils ont emmuré le lieu pour les empecher de revenir squatter. C’est vraiment con, parce que c’était un des plus beaux squats de Paris, ils avaient plein de projets différents. Ils venaient juste de construire une terrasse devant, c’était en train de devenir un truc aux petits soins, donc c’est un beau gachis. Pour nous ça a tout changé, pour la soirée aussi : on a du la repenser différemment, trouver d’autres lieux. C’est pour ça qu’on profite de la Casse Ton Singe pour communiquer sur l’expulsion des Gorilles et plus généralement sur la nuit à Paris. On a envie de faire des soirées différentes, sans horaires de fin, dans des lieux originaux, et forcément on se retrouve dans des impasses. Et on pense qu’il ne faut pas hésiter à en parler pour montrer qu’on veut une nuit différente. C’est un sujet très à la mode depuis les initiatives des Etats Généraux de la Nuit et de la pétition « Quand la nuit meurt en silence ». Mais on n’a pas l’impression que les élus aient vraiment compris les enjeux importants. Ils prennent ce qui les intéresse, ils donnent des réponses qui ne changent rien aux vrais problèmes. Les Nuits Capitales par exemple, c’est très bien, mais ça sert à quoi à part agréger des trucs qui existent déjà ? A côté de ça, il y a en ce moment le festival FOU qui fédère les squats parisiens pour essayer de montrer qu’il y a une vraie alternative. Mais les élus s’en foutent. Les seuls squats qui les intéressent, c’est ceux qui peuvent s’institutionnaliser pour donner une bonne image de la gauche : propre, arty, intello. Surtout pas la Miroiterie par exemple, et c’est ça qui est bien dommage.
Déjà, on ne connaît pas forcément la situation de tout le monde à Paris, parce qu’on est tous arrivés il y a moins de deux ans. Donc on ne peut pas dire « C’était mieux avant ». Toute l’équipe de la Mangouste vient de Rennes. Et c’est là-bas qu’on s’est formé à la fête, avec l’idée qu’il n’y avait jamais d’heure de fin. Parce que Rennes au début des années 2000, c’était une capitale pour les squats, entre la Villa, le Château, ou même Le Wagon à Saint-Brieuc, qui étaient tous des endroits connus dans toute l’Europe et qui organisaient des fêtes de cinglés. A cette époque là sur Rennes, il y avait une vraie culture du squat qui était cristallisée autour des scènes techno et punk, avec des gens qui voulaient avant tout faire la fête. C’est plus du tout le cas aujourd’hui, mais à un moment, tu avais des soirées presque tous les week-ends, avec 1000 personnes à chaque fois, et ça pouvait s’arrêter à 20h le dimanche sans coupure. Et tout ça dans la ville, on ne parle pas de champs à la campagne.
Donc quand on voit « De minuit jusqu’à l’aube » sur les flys, alors qu’à cinq heures du mat tu te fais virer par les videurs, ça nous fait quand même bien marrer. Déjà l’été il ne fait pas encore jour à 05h, mais l’hiver c’est encore plus l’arnaque ! C’est une hypocrisie qui est devenue un mécanisme de communication pour les orgas : ils jouent sur un truc cool, genre tu vas pouvoir écouter de la techno en regardant les premiers rayons du soleil, mais c’est complètement faux.
Le problème à Paris en fait, c’est surtout une question d’infrastructure. Il n’y a aucun endroit où tu peux ramener 1000 personnes pour faire la fête jusqu’à 20h le dimanche. Paris, c’est l’anti-Berlin. C’est trop petit, trop tassé, tu ne peux rien faire sans faire chier ton voisin. Et puis tout est disséminé. Il faut passer le périph pour trouver des vraies zones désaffectées où tu peux faire des grands rassemblements. C’est pour ça que l’avenir, il est peut-être déjà en banlieue.
Ce que les élus entendent par Nuit non-marchande, c’est généralement aider des associatifs institutionnalisés, faire de l’art, ouvrir les musées, ce genre de trucs. C’est toujours de l’artistique, jamais du festif. Le festif rentre en contradiction même avec l’essence du politique, qui est d’organiser les choses de façon carré, d’être garant de l’ordre public. C’est pour ça que les élus voient le festif comme du désordre, de l’anarchique, de l’incontrôlable. Mais on peut très bien faire du « vivre ensemble » avec du festif.
Qu’est-ce que que ça change au final de terminer ses soirées à midi plutôt qu’à six heures du mat ? A Berlin par exemple, ils sont beaucoup moins carrés sur les horaires et c’est pas pour ça que la ville se transforme en un immense bordel le dimanche matin. Paris te pousse à faire des afters dans des apparts ou des bars super privés. Pourquoi est-ce qu’on ne peut pas être 400 ensemble à faire la fête encore après sept heures du mat ?
Pour la préfecture, je comprends. Leur boulot c’est de nous faire chier, donc il n’y a rien à chercher de leur côté. Mais pour les élus… Il faudrait qu’un mec qui aime vraiment la fête remplace Girard. Le problème de la Ville, c’est que ce sont des mondains, des gens fascinés par la haute culture. Une free-party ou un squat punk, ils ne voient pas l’intérêt, ils voient juste de la boue et des gens défoncés. Ils n’ont pas forcément la même vision du sentiment de liberté.
En fait, la situation n’est pas forcément à améliorer, politiquement parlant. Si les choses doivent changer, ça doit venir des gens, pas des élus. C’est très bien toutes ces initiatives pour transformer la nuit à Paris, mais il faut reconnaître que dès que le politique s’en mêle trop, ça s’institutionnalise et ça devient chiant. La fête, ça doit être instinctif. C’est déjà régulé avec du legislatif, alors rajouter du politique par là-dessus, c’est pas toujours ce qu’il y a de mieux à faire, même si heureusement ça permet de changer les lois et de modifier un peu la situation.
Mais on est pas du tout pessimistes ni alarmistes. Il faut bien voir quand même qu’il y a plein de choses qui se passent. La plupart des squats sont faits pour être éphémères, et quand on voit ce que ça donne des trucs super fulgurants comme OXIII et le château Albatart, on se dit quand même que les choses bougent, des gens se bougent le cul pour faire exister des lieux, même si ça doit durer cinq mois. Les fermetures quelque part, c’est le jeu : ça fait chier, ça bousille plein de travail, mais c’est comme ça, et ça veut pas dire que c’est fini. Même avec Loppsi 2, un squat qui ferme, c’est un autre qui réouvre un mois plus tard, et qui sera peut-être encore mieux.
Quand on voit aussi que même dix ans après la soi-disante mort des free parties, des mecs réinvestissent la gare de fret de Bercy pour monter des teufs, on se dit que Paris est loin d’être mort. Alors ok, c’est pas Heretik à Molitor, parce que là les flics débarquent à 2h du mat et le son marche pas. Mais c’est pas grave, au moins il y a des initiatives et des gens qui ont l’envie, et ça c’est le principal : tant que des gens ont l’envie, on peut faire des choses.
Au final, c’est peut-être d’ailleurs ça qui manque un peu aujourd’hui, l’envie. Plein de gens ont l’envie de faire des choses différentes, mais ils ne sont pas suivis par des foules entières. Notre époque manque d’un nouveau mouvement fédérateur. Il y a eu les hippies, les punks, le hip-hop, la techno, aujourd’hui il manque quelque chose qui soit aussi fort. On vit encore sur les vestiges de ces mouvements, il faut arrêter de regarder en arrière et voir ce qui peut être proposé aujourd’hui. Il faut du neuf, une nouvelle musique, un nouvel état d’esprit, une nouvelle mode, des nouvelles façons de faire la fête, un vrai phénomène contre-culturel à part entière. Mais on a aucune raison d’être pessimistes : parce que quand l’alternatif se perd ou se fige dans un mouvement qui arrête d’évoluer, c’est qu’il disparaît pour mieux revenir. Et quand il revient, c’est en général encore plus violemment.
La Mangouste
Putain La Mangouste! Tu parles trop bien!
Je t’aime. Enfin, je crois…
RC
[...] sets breakcore, animations débiles, déguisements, jets de ballons, happenings en tous genres. Interview de La Mangouste sur Paris Nous Appartient. Une grande kermesse de 17h non-stop pour tous ceux qui [...]