Les lundis nous appartiennent … Paris is burning !

5 septembre… 15h43. « Opening – Soirée d’inauguration ».  Lieu tenu secret jusqu’à la dernière minute, informations par SMS, tenue vestimentaire exigée  « Burning Man », listing clôturé, mot de passe à l’entrée. Pas le droit de prendre des photos à l’intérieur de la soirée. Macha Gray, une des organisatrices du collectif Paris is Burning sait susciter la curiosité. Qu’est-ce cette fois-ci ? C’est la question que je me suis posée tout l’après-midi, songeant à différentes possibilités des plus classiques au plus fantasques. Surfant un peu sur le web, je glane quelques informations. Le genre musical est électro. Me concernant, c’est déjà un bon choix. 0h30, je débarque avec une amie au 130, rue de Rivoli, l’ancien New-York Bar.  L’ouverture était à 20h. Des jeunes filles arrivent en même temps que nous, sapées cool-chic. Je suis sur la liste du « Cercle ». Il ne me trouve pas, mais j’ai le laissez-passer « Macha »…

Il ne faut pas être claustrophobe, car nous sommes  2 étages sous le sol, dans des caves voutées en pierre. Une salle avec le bar, une autre pour danser, un fumoir, et des alcôves pour discuter. Une archi d’intérieure, un photographe, une étudiante en art, des musiciens, un chef cuisinier des designers… Assez éclectique, mais dominante arty comme population. Pas de tendances marquées pour un genre ou pour un autre, ni Ouest, ni Est, ni rive gauche, ni rive droite, un peu décalé mais pas trop non plus. Qui sont ces gens qui sortent le lundi soir ?

Quelques mots échangés avec le photographe… La moyenne d’âge autour de 22/25 ans, quelques-uns plus âgés autour de la trentaine. Les soirées sont récentes depuis le printemps dernier. L’idée est de faire danser Paris en début de semaine, quand plus personne ne sort. Ca nous plait.  Ils ont commencé par faire défiler des jeunes créateurs au Tigre, puis emmener les noctambules aux  soirées hebdomadaires La Yala au Chacha club…. Macha précise que les gens du collectif vont jusqu’à 40 ans.

Ce soir, c’est Jippy Jones et Thomas Wattlebled (normalement artiste-peintre)… Du son qui entraîne pas mal.  Ils gagneraient à avoir une audience  plus élargie notamment parmi les fous d’electro qui fréquentent (entre autres) assidûment les We Love et autres soirées, pour se confronter à ce public relativement exigeant dans ce genre musical plus sensible généralement au free-spirit qu’au electro-clubbing. Car si ce n’est certes pas (encore ? ;) ) Pantha du Prince, Nicolas Jaar, Paul Karlbrenner, Frivolous ou Luciano, ce n’est pas étonnant qu’ils s’installent aussi derrière les platines des Folies ou chez Moune. Suivez-les comme on dit !  Un extrait de leur performance, ici :

Paris is Burning_Opening_06092011

Paris is Burning est un beau concept, dont nous partageons aussi la croisade… Les soirées proposées le lundi débutant tôt, sont un parfait after-work pour les rescapé(e)s du week-end, qui permettent de se coucher (si on le désire), et être un jeune-qui-le-vaut-bien-au-travail le matin. Pour les définitivement nocturnes, ça se poursuit jusqu’à l’aube. Et si vous n’en avez pas assez, vous pouvez continuer au Chacha Club le Mardi. Si ça c’est pas un beau programme le non-stop partying avec du son sympa, que demander de plus ?

Nous attendons les évolutions de ce collectif, en espérant qu’ils ne vont pas se laisser rattraper par le « trop-de-conso-tue-la-conso » des concepts originaux et de qualité qui, - trop souvent par souci de productivité/rentabilité – finissent par s’étouffer dans cette ville si difficile à maintenir en éveil. S’il fallait néanmoins ajouter un seul bémol pour confirmer la règle, ça serait sans doute d’être moins timide, et de ne pas hésiter à approfondir le concept de « soirée close-sur-listing-et-mot-de-passe » … Travailler l’atmosphère du lieu pour ne pas que ça soit un « simple club », mettre en place une décoration plus marquée,  sublimer les excès. Débrider les hors-cadres. Les noctambules des débuts de semaine cherchent naturellement une musique  de qualité - minima requis – mais de l’étonnement aussi. Quitte à vouloir brûler ce qui n’existe plus.. autant y aller jusqu’au bout sans avoir peur ni des convenances, ni des décadences assumées, me semble-t-il… Pour que Paris vous appartienne, rendez-vous les lundis et les mardis !

Neirie / Kaleïdoscop’art Production

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