Appel

« DONNEZ NOUS UNE NUIT »

Vous adhérez à notre charte et souhaitez participer au réveil des nuits de la capitale. Alors devenez partenaire de PNA, et donnez nous une nuit (pour commencer)

Nous partons à la conquête des espaces publics et portons une attention particulière aux démarches qui intègrent ces espaces… Cependant, pour que la nuit que nous défendons existe, les lieux privés de la capitale sont invités à créer, avec PNA, des soirées moins privées, conventionnelles, plus surprenantes et melting pot. Aidez-vous et autorisez-nous à programmer une nuit Paris Nous Appartient dans votre lieu.

Notre collectif met en relation des porteurs de projets avec des lieux. Vous êtes intéressés par notre démarche et souhaitez en savoir plus, contactez nous : contact@parisnousappartient.fr

POURQUOI ?

Pétition « Quand la nuit meurt en silence » lancée par l’association Technopol, malaise grandissant des professionnels de la nuit confrontés à des réglementations qu’ils jugent de plus en en contraignantes, législation anti-tabac qui renforce les tensions entre riverains et propriétaires de bars, flambée du prix de l’immobilier au détriment de la créativité nocturne, Etat Généraux de la Nuit. Ces derniers temps, Paris n’était pas à la fête mais il y a du mieux. Le quotidien Le Monde se demandait tout de même récemment, dans un article au ton pessimiste, si notre ville n’était tout simplement pas devenue « la capitale européenne de l’ennui », dépassée, et de loin, par une concurrence bien plus dynamique (Berlin, Barcelone).

Concernés au premier chef, les citoyens sont hélas les grands absents de ces débats. La raison en est peut-être qu’à Paris le lien entre espace public et puissance publique mériterait d’être renforcé concernant les questions de vie nocturne. Le jour, au travers de ses services culturels, l’autorité publique s’exprime dans les musées, les archives, les galeries, les centres culturels de proximité, les théâtres, sur les écrans, sur les scènes et même dans la rue. La culture investit aussi des lieux à priori incompatibles avec une démarche artistique, pour en faire des ateliers de création, d’exposition, voire des oeuvres elles-mêmes. Mais elle délaisse assez largement toutes les initiatives nocturnes. Cet espace est pourtant d’une importance fondamentale, propice aux mixités sociales et disponible pour les initiatives artistiques.

D’un côté, la puissance publique structure en profondeur l’espace public par les politiques mises en oeuvre. De l’autre côté, l’espace public transforme ces politiques, et les renouvelle. Ne pas relier ces deux composantes, c’est se priver d’un fantastique espace créateur de lien social et courir le risque de reléguer les nouvelles pratiques urbaines dans des friches qui ne profitent jamais au plus grand nombre. Elle abandonne la nuit aux initiatives marchandes et empêche d’atteindre l’ objectif d’une véritable politique culturelle, à savoir un double mouvement d’inclusion et d’appartenance à la ville, mais aussi d’émancipation en favorisant des pratiques émergentes.

Cela implique une inversion du schéma traditionnel descendant d’élaboration et d’application des politiques publiques pour privilégier une démarche ascendante, plus largement participative. Et alimenter l’interaction entre espace public et puissance publique exige de soutenir des médiations concrètes et d’encourager des confrontations critiques, sensibles et ludiques, ressorts dune culture politique partagée. Nous voulons de la culture et de la vie nocturne initiée par les citoyens pour les citoyens. Ces éléments sont hélas souvent absents des nuits parisiennes.

C’est pourquoi, pour que la première cité française ne devienne pas une sorte de Pompéi ensevelie sous les laves de l’embourgeoisement ou une Belle au bois dormant attendant désespérément de frissonner, nous proposons la mise en place d’une politique culturelle et festive de l’espace public qui ne se limiterait pas à de grandes messes médiatiques.

Pourquoi se contenter dune seule Nuit blanche par année et ne pas régulièrement investir des bâtiments symboliques (mairies, musées, gares, parcs) pour des soirées pluriculturelles ? Pourquoi ne pas s’inspirer de nos voisins belges et supporter des évènements populaires entraînant une désanctuarisation du patrimoine ? S’appuyant sur des structures associatives à la philosophie non lucrative, ces soirées permettraient à la fois de contribuer à la démocratisation d’une nuit parisienne élitiste et onéreuse, de renforcer le sentiment d’appartenance des jeunes à un espace public et de rendre leur attractivité à des zones urbaines endormies.

C’est pourquoi nous lançons un appel au lieux parisiens, et pourquoi nous avons décidé de produire nous-même des événements; On est jamais bien aussi servis que par soi-même !